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Réglementation7 min de lecture

Minima météo VFR en France : visibilité, distance aux nuages et plafond

Les minima VMC de SERA et leurs règles françaises : 5 km ou 1 500 m de visibilité, distance aux nuages, plafond de 1 500 ft en CTR, VFR spécial et VFR de nuit. Avec les références des textes.

L'équipe WingmanPublié le 26 octobre 2026
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Un petit avion blanc et jaune vole sous une couche de nuages basse au-dessus d'une vallée française en automne, l'horizon légèrement brumeux.

Samedi, 8 h 30. Le METAR de votre terrain annonce 4 000 m de brume et des nuages fragmentés à 1 200 ft. Le ciel n'est pas méchant, la balade est prévue depuis une semaine, et la question tombe : est-ce que je suis dans les minima ? Voici les chiffres, d'où ils viennent, et surtout ce qu'ils veulent dire en vol.

En bref. En dessous de 3 000 ft (ou 1 000 ft au-dessus du sol) en espace non contrôlé, il faut rester hors des nuages, le sol en vue, avec 5 km de visibilité, ou 1 500 m en France à 140 kt ou moins. Plus haut ou en espace contrôlé : 5 km, et 1 500 m horizontalement et 1 000 ft verticalement des nuages (8 km au-dessus de 10 000 ft). Pour décoller, atterrir ou entrer dans le circuit d'un aérodrome en CTR sans clairance particulière, il faut un plafond d'au moins 1 500 ft et 5 km de visibilité au sol.

Les minima de vol à vue en France viennent du règlement européen SERA (règles de l'air communes) et des suppléments nationaux qui le complètent, notés FRA. Voici ce qu'ils disent, avec la référence de chaque règle.

Le tableau des minima VMC (SERA.5001)

Un vol VFR se fait dans des conditions au moins égales à celles du tableau S5-1 de SERA.5001 :

Où vous volezClasse d'espaceVisibilité en volDistance aux nuages
À 10 000 ft AMSL et au-dessusB à G8 km1 500 m horizontalement, 1 000 ft verticalement
Sous 10 000 ft AMSL, au-dessus de 3 000 ft AMSL ou de 1 000 ft au-dessus du relief (le plus haut des deux)B à G5 km1 500 m horizontalement, 1 000 ft verticalement
À 3 000 ft AMSL ou 1 000 ft au-dessus du relief et au-dessousB, C, D, E5 km1 500 m horizontalement, 1 000 ft verticalement
À 3 000 ft AMSL ou 1 000 ft au-dessus du relief et au-dessousF, G5 km (1 500 m en France, voir ci-dessous)Hors des nuages et le sol en vue

Quand l'altitude de transition est sous 10 000 ft, c'est le niveau de vol 100 qui sert de limite au lieu de 10 000 ft.

La règle française : 1 500 m à 140 kt ou moins (FRA.5001)

SERA laisse chaque État réduire la visibilité en espace non contrôlé, près du sol. La France l'a fait : en espace aérien non contrôlé, sous le plus haut de 3 000 ft AMSL et 1 000 ft au-dessus de la surface, la visibilité requise pour un avion est de 5 000 m, ou 1 500 m si la vitesse indiquée est inférieure ou égale à 140 kt.

Un avion qui ne peut pas tenir 140 kt peut voler avec une visibilité égale à la distance qu'il parcourt en 30 secondes, à condition de rester à 15 km au moins des aérodromes ouverts à la circulation aérienne publique et des aérodromes d'État (sauf à l'arrivée et au départ).

Le texte ajoute une recommandation : ces vitesses sont des maximums. Tenir une visibilité au moins égale à la distance parcourue en 30 secondes de vol est généralement considéré comme suffisant pour éviter les collisions. À 100 kt, 30 secondes font environ 1 500 m.

Vue depuis le cockpit d'un avion léger dans la brume : le village le plus proche est net, tout le reste se fond dans un mur gris pâle.
À quoi ressemblent 1 500 m de visibilité : le premier village est net, la suite disparaît. On navigue de repère en repère, sans voir le suivant.
Visibilité, et temps pour voir arriver une colline à 100 kt 5 km1 min 37 s3 km58 s1 500 m29 s
À 100 kt, l'avion parcourt environ 51 m par seconde. Avec 1 500 m de visibilité, une colline ou un pylône sort de la brume moins de 30 secondes avant que vous n'y soyez. C'est légal en France à 140 kt ou moins, sous 3 000 ft en espace non contrôlé : à vous de juger si c'est assez.
Un conseil de terrain. 1 500 m de visibilité, c'est légal, mais c'est très peu : à 100 kt, vous voyez le relief arriver trente secondes à l'avance, pas plus. Le minimum n'est pas un objectif. Fixez-vous vos propres seuils au sol, à tête reposée, et tenez-vous-y une fois en l'air, là où il est si tentant de « voir encore un peu ».

Décoller ou atterrir dans une CTR (SERA.5005 b)

Sauf clairance du contrôle, un avion en VFR ne décolle pas d'un aérodrome situé dans une zone de contrôle, n'y atterrit pas et n'entre pas dans sa zone de circulation ou son circuit quand les conditions rapportées pour cet aérodrome sont sous :

En France, une clairance VFR spécial est nécessaire pour pénétrer ou évoluer dans une zone de contrôle quand le pilote estime que les conditions de vol à vue ne sont pas réunies ou ne vont plus l'être (FRA.5005 b).

Le VFR spécial (SERA.5010)

Le VFR spécial ne s'applique qu'à l'intérieur d'une zone de contrôle, sur clairance. Pour un avion :

Le contrôle ne délivre pas de clairance VFR spécial pour décoller, atterrir ou entrer dans le circuit quand la visibilité au sol rapportée est sous 1 500 m ou le plafond sous 600 ft.

Le VFR de nuit (SERA.5005 c et FRA.5005 c)

De nuit, les minima du tableau s'appliquent, avec des exigences en plus :

La France recommande en plus de s'assurer avant le départ que la base des nuages sera d'au moins 1 500 ft au-dessus du niveau de croisière prévu, sans précipitations ni orages.

Les hauteurs minimales de survol (SERA.5005 f)

Hors décollage et atterrissage : au moins 1 000 ft au-dessus de l'obstacle le plus élevé dans un rayon de 600 m au-dessus des villes, agglomérations et rassemblements de personnes ; ailleurs, au moins 500 ft au-dessus du sol, de l'eau ou de l'obstacle le plus élevé dans un rayon de 150 m. En France, le survol des agglomérations obéit aussi à un arrêté national qui demande davantage selon la taille de la ville.

VFR, MVFR, IFR : attention aux catégories des sites météo

Les catégories VFR, MVFR, IFR et LIFR que l'on voit sur les sites de météo aéronautique (et dans Wingman) viennent d'une convention américaine. Elles aident à lire un METAR ou un TAF d'un coup d'œil, mais ce ne sont pas les minima réglementaires : un terrain « MVFR » peut être dans les minima pour un vol local, et un terrain « VFR » peut ne pas l'être pour votre route si la visibilité baisse en chemin.

Dans Wingman

Wingman lit le TAF de chaque terrain à l'heure où vous y passerez, signale le vol de nuit et le crépuscule, et compte le plafond et la visibilité dans le verdict du vol. Le tuto Le ciel à votre heure de passage montre comment.


Questions fréquentes

Quelle visibilité faut-il pour voler en VFR en France ?

En règle générale 5 km. En espace non contrôlé, sous 3 000 ft AMSL ou 1 000 ft au-dessus de la surface (le plus haut des deux), la France autorise 1 500 m pour un avion à 140 kt de vitesse indiquée ou moins, hors des nuages et le sol en vue. Au-dessus de 10 000 ft, il faut 8 km.

Quel plafond faut-il pour décoller en VFR d'un aérodrome en CTR ?

Au moins 1 500 ft de plafond et 5 km de visibilité au sol, d'après les conditions rapportées pour l'aérodrome. En dessous, il faut une clairance, par exemple VFR spécial.

Quels sont les minima du VFR spécial ?

De jour, dans une zone de contrôle et sur clairance : hors des nuages, le sol en vue, au moins 1 500 m de visibilité en vol, 140 kt ou moins. Le contrôle ne délivre pas de clairance pour décoller, atterrir ou entrer dans le circuit sous 1 500 m de visibilité au sol ou 600 ft de plafond.

Quels minima pour le VFR de nuit ?

Les minima du tableau SERA sans réduction de visibilité, un plafond d'au moins 1 500 ft, la vue permanente du sol sous 3 000 ft AMSL, un niveau d'au moins 1 500 ft au-dessus des obstacles dans un rayon de 8 km hors itinéraire publié (2 000 ft en montagne), un plan de vol si l'on quitte les abords de l'aérodrome, et des aérodromes homologués pour la nuit.

Un terrain MVFR est-il interdit au VFR ?

Non. MVFR est une catégorie de lecture rapide venue des États-Unis, pas un minimum réglementaire. Ce sont les minima de SERA et de la France qui comptent.

Sources

Cet article résume les textes en vigueur au 26 octobre 2026. Il ne remplace ni les textes officiels ni l'enseignement d'un instructeur : le commandant de bord reste responsable de la préparation de son vol.

La météo de votre vol, à votre heureWingman lit le TAF de chaque terrain à l'heure où vous y passez et vous dit ce qui ne tient pas les minima.

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